Haut-Commissaire, Nations

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker TĂŒrk, s’adresse Ă  la presse Ă  la fin de sa brĂšve visite officielle au Burkina Faso

Published on 08/07/2025 at 18:00 | prnewswire.co.uk

Burkina Faso

GENÈVE, 21 March 2024 / PRN Africa / -- Chers membres de la presse, bonsoir,

C’était une trĂšs courte visite Ă  Ouagadougou, mais mon bureau, Ă©tabli ici en 2021, s'est engagĂ© intensĂ©ment avec les autoritĂ©s, les acteurs de la sociĂ©tĂ© civile, les dĂ©fenseurs et les dĂ©fenseuses des droits humains, les partenaires de Nations Unies et d'autres, sur un certain nombre de dĂ©fis Ă  multiples facettes en matiĂšre de droits humains auxquels le peuple du Burkina Faso a Ă©tĂ© confrontĂ©.

Les racines des droits humains sont profondément ancrées dans cette région de l'Afrique. C'est dans la région du Sahel que la Charte du Mandé a été adoptée au 13Úme siÚcle. Les mouvements pour l'indépendance et l'autodétermination, contre l'esclavage et l'apartheid, entre autres, n'ont jamais cessé de nourrir ces racines.

Je suis venu ici exprimer ma solidarité avec le peuple burkinabÚ en ces temps difficiles et pour m'engager au plus haut niveau sur la situation des droits humains. Je remercie le Président de la transition, Capitaine Ibrahim Traoré, pour les discussions approfondies et étendues que nous avons eues aujourd'hui sur la grave situation sécuritaire, la situation socio-économique et humanitaire, le changement climatique et la dégradation de l'environnement, l'espace civique, les inégalités, la nécessité de forger un nouveau contrat social et d'assurer une participation inclusive de toutes et tous les BurkinabÚ au processus de transition.

La souffrance de millions de burkinabĂš est dĂ©chirante. Il y a 2,3 millions de personnes qui sont en insĂ©curitĂ© alimentaire, plus de deux millions de personnes dĂ©placĂ©es internes, ainsi que 800 000 enfants non scolarisĂ©s. Au total, 6,3 millions de personnes sur une population de 20 millions sont dans le besoin d’assistance humanitaire. Pourtant, cette question a disparu de l’agenda international et les ressources mises Ă  disposition sont totalement insuffisantes pour rĂ©pondre Ă  l’ampleur des besoins des populations.

La situation sĂ©curitaire est plus qu'alarmante. Une grande partie du pays est terrorisĂ©e par des groupes armĂ©s. En 2023, mon Bureau a documentĂ© 1335 violations et abus des droits humains et du droit humanitaire, avec au moins 3800 victimes civiles. Les groupes armĂ©s sont responsables de la grande majoritĂ© des violations commises contre les civils – il s’agit d’incidents impliquant plus de 86 % des victimes. La protection des civils est primordiale. Une telle violence gratuite doit cesser et les auteurs doivent rĂ©pondre de leurs actes.

Je comprends parfaitement les graves dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©s les forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© au Burkina Faso, et je suis encouragĂ© par les dĂ©clarations selon lesquelles des mesures sont prises pour veiller Ă  ce que leur comportement soit pleinement conforme au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme. Je suis reconnaissant de ces assurances qui arrivent en mĂȘme temps que des rapports faisant Ă©tat de violations graves commises par les forces de sĂ©curitĂ© et les Volontaires pour la dĂ©fense de la Patrie (VDP), qui doivent faire l'objet d'enquĂȘtes approfondies et de mesures correctives. Cela est essentiel pour instaurer un climat de droit et d'ordre, pour bĂątir la confiance entre les civils et les autoritĂ©s et pour Ă©viter l'impunitĂ©.

Dans le contexte de la transition au Burkina Faso, il est essentiel de garantir la participation significative et inclusive, y compris des femmes, des jeunes et de toutes les communautĂ©s, mĂȘme les plus marginalisĂ©es. Il est Ă©galement essentiel de crĂ©er un environnement favorable aux acteurs de la sociĂ©tĂ© civile et d'Ă©couter les points de vue divergents, afin que chacun puisse exercer ses droits humains sans crainte de reprĂ©sailles.

Mon Bureau ici fera de son mieux pour accompagner le peuple burkinabĂš dans les prochaines Ă©tapes de la transition, ancrĂ©es dans les droits humains. J’appelle la communautĂ© internationale Ă  ne pas perdre de vue la grave situation Ă  laquelle sont confrontĂ©s les gens ici.

SOURCE Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme

en | boerse | 68019147 |