Guinée : l'ONU s'inquiÚte de la répression des médias et réclame un changement rapide
07.08.2025 - 17:57:35NEW YORK, 29 December 2023 / PRN Africa / -- Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker TĂŒrk, a exprimĂ© vendredi son inquiĂ©tude face Ă la rĂ©pression croissante de la libertĂ© des mĂ©dias en RĂ©publique de GuinĂ©e et a exhortĂ© les autoritĂ©s de transition de ce pays Ă changer de cap.
« Des journalistes ont Ă©tĂ© harcelĂ©s et intimidĂ©s, agressĂ©s et arrĂȘtĂ©s, du matĂ©riel saisi et dĂ©montĂ©, des transmissions bloquĂ©es et des chaĂźnes mĂ©diatiques brouillĂ©es, suspendues ou fermĂ©es. L'accĂšs Ă plusieurs sites de mĂ©dias sociaux a Ă©tĂ© bloquĂ© et l'accĂšs Ă l'Internet restreint », a dĂ©clarĂ© M. TĂŒrk dans un communiquĂ© de presse.
Respecter la liberté d'expression
« Ces mesures ne respectent pas les exigences strictes du droit international relatif aux droits humains. Elles doivent ĂȘtre rapidement stoppĂ©es et le droit Ă la libertĂ© dâexpression et dâopinion doit ĂȘtre pleinement respectĂ© », a-t-il ajoutĂ©.
Le 6 décembre, le régulateur des médias a ordonné à Canal+, un fournisseur français de télévision payante, de cesser de diffuser les contenus radio et télé de la chaßne privée Djoma, et lui a ordonné trois jours plus tard de suspendre les contenus de deux autres chaßnes privées, Evasion et Espace, invoquant des impératifs de sécurité.
Deux mois plus tĂŽt, le 16 octobre, les forces de sĂ©curitĂ© ont arrĂȘtĂ© au moins 13 journalistes qui s'Ă©taient rassemblĂ©s Ă Conakry pour protester contre la censure et rĂ©clamer la levĂ©e des restrictions imposĂ©es au site d'information GuinĂ©e Matin en aoĂ»t. Ils ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s le mĂȘme jour, mais les poursuites pĂ©nales Ă leur encontre sont toujours en cours. Les restrictions ont commencĂ© en mai, coĂŻncidant avec des manifestations dirigĂ©es par lâopposition contre lâautoritarisme perçu de la part des autoritĂ©s de transition et la lenteur des progrĂšs dans la transition vers un ordre constitutionnel, a prĂ©cisĂ© le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).
AccĂšs restreint Ă des sites Internet
L'accĂšs aux sites Internet GuinĂ©e Matin et Africa GuinĂ©e a Ă©tĂ© restreint en mai et les transmissions de deux radios privĂ©es â Fim FM et Djoma FM â ont Ă©tĂ© brouillĂ©es. En mai Ă©galement, des Ă©metteurs appartenant au groupe de mĂ©dias indĂ©pendant Afric Vision ont Ă©tĂ© dĂ©montĂ©s et saisis, et deux reporters des sites GuinĂ©e Info et GuinĂ©e 114 ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par des militaires qui les ont insultĂ©s, menacĂ©s de crever le pneu arriĂšre de leur moto et frappĂ© l'un d'eux Ă la tĂȘte. Lors d'un autre incident survenu en mai, le personnel des stations de radio Fim FM et Djoma FM a Ă©tĂ© convoquĂ© par le rĂ©gulateur guinĂ©en des mĂ©dias et rĂ©primandĂ© pour des propos jugĂ©s critiques tenus Ă l'antenne lors d'une discussion sur les manifestations de l'opposition.
Les sites de réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram, WhatsApp et TikTok, sont bloqués depuis au moins le 24 novembre, selon l'Observatoire ouvert des interférences des réseaux (OONI), et l'accÚs à l'Internet est restreint depuis plusieurs mois.
Les autoritĂ©s de transition ont invoquĂ© des impĂ©ratifs de sĂ©curitĂ© nationale pour justifier lâimposition de restrictions sur les mĂ©dias et les plateformes de communication en ligne. Toutefois, pour ĂȘtre conforme aux obligations internationales de la GuinĂ©e en matiĂšre de droits humains, toute restriction Ă la libertĂ© dâexpression doit ĂȘtre lĂ©gale, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e, selon le HCDH.
« Ces restrictions largement excessives des libertĂ©s fondamentales ne font que rĂ©duire l'espace civique et reculer le respect des droits de l'homme Ă un moment oĂč ils ont le plus besoin d'ĂȘtre nourris et dĂ©fendus en GuinĂ©e », a dĂ©clarĂ© le Haut-Commissaire. « J'exhorte vivement les autoritĂ©s de transition guinĂ©ennes Ă prendre toutes les mesures nĂ©cessaires pour remĂ©dier immĂ©diatement Ă cette situation prĂ©occupante ».
SOURCE Centre d'actualités de l'ONU

