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Tunisie : des experts de l’ONU dĂ©noncent des abus et des manƓuvres dangereuses lors de l’interception de migrants en mer

07.08.2025 - 18:00:41 | prnewswire.co.uk

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NEW YORK, 14 October 2024 / PRN Africa / -- Des experts indĂ©pendants des Nations Unies se sont alarmĂ©s, lundi, des rapports faisant Ă©tat de violations des droits humains Ă  l’encontre de migrants, de rĂ©fugiĂ©s et de victimes de la traite lors d’opĂ©rations de recherche et de sauvetage et de transferts vers les zones frontaliĂšres.

Ils notent qu’entre janvier et juillet 2024, 189 personnes, dont des enfants, auraient perdu la vie lors des traversĂ©es et 265 lors des opĂ©rations d’interception en mer ; quatre-vingt-quinze personnes sont portĂ©es disparues et, dans certains cas, elles pourraient ĂȘtre victimes de disparitions forcĂ©es ou d’actes assimilables Ă  des disparitions forcĂ©es.

« Nous avons reçu des rapports choquants faisant Ă©tat de manƓuvres dangereuses lors de l’interception de migrants, de rĂ©fugiĂ©s et de demandeurs d’asile en mer, de violences physiques, y compris des coups, des menaces d’utilisation d’armes Ă  feu, l’enlĂšvement des moteurs et du carburant, et le chavirement des bateaux », ont dĂ©clarĂ© les experts.

Des transferts forcĂ©s de migrants vers les frontiĂšres avec l’AlgĂ©rie et la Libye

« Les rapports reçus font Ă©tat d’allĂ©gations de transferts forcĂ©s arbitraires vers les frontiĂšres avec l’AlgĂ©rie et la Libye, sans accĂšs Ă  l’aide humanitaire », ont dĂ©clarĂ© les experts, “sans tenir compte des risques de dĂ©shydratation, de malnutrition ou de blessures causĂ©es par les coups de soleil”.

Pour ceux qui sont ‘sauvĂ©s’ par les garde-cĂŽtes, y compris les victimes de la traite, leur situation ne ferait qu’empirer au moment du dĂ©barquement dans les ports. Les experts ont Ă©galement fait part de leurs prĂ©occupations concernant les informations selon lesquelles les migrants, les rĂ©fugiĂ©s et les demandeurs d’asile subsahariens sont soumis Ă  des degrĂ©s de violence plus Ă©levĂ©s de la part des forces de sĂ©curitĂ© tunisiennes.

« Nous sommes consternĂ©s par les violences signalĂ©es et l’usage excessif de la force lors de ces transferts. Les migrants, les rĂ©fugiĂ©s et les demandeurs d’asile, y compris les enfants et les femmes enceintes, seraient emmenĂ©s dans les zones dĂ©sertiques Ă  la frontiĂšre avec l’AlgĂ©rie et la Libye, et les gardes-frontiĂšres leur tireraient dessus s’ils tentaient de revenir », ont affirmĂ© les experts.

Des exploitations d’enfants dans les zones frontaliùres

Les experts ont Ă©galement exprimĂ© leur inquiĂ©tude face Ă  l’augmentation du nombre de groupes criminels impliquĂ©s dans la traite des personnes et face aux informations faisant Ă©tat de violences sexuelles, y compris de viols, Ă  l’encontre de migrants, de rĂ©fugiĂ©s et de demandeurs d’asile en Tunisie.

« Nous avons Ă©galement reçu des rapports faisant Ă©tat d’abus sexuels et d’exploitation d’enfants, ainsi que de viols de femmes et de filles ĂągĂ©es d’à peine 10 ans dans les zones frontaliĂšres », ont dĂ©clarĂ© les experts.

Or malgrĂ© ces « graves allĂ©gations », la Tunisie continue d’ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un « lieu sĂ»r » aprĂšs les opĂ©rations de recherche et de sauvetage en mer.

En effet, la coopĂ©ration se poursuit aprĂšs la conclusion du protocole d’accord sur un partenariat stratĂ©gique et global entre l’Union europĂ©enne et la Tunisie, « ce qui porte gravement atteinte aux droits de l’homme internationaux et au droit international des rĂ©fugiĂ©s », ont regrettĂ© les experts.

Outre les membres du Groupe de travail sur les disparitions forcĂ©es ou involontaires, ce communiquĂ© a Ă©tĂ© endossĂ© par SiobhĂĄn Mullally, Rapporteuse spĂ©ciale sur la traite des ĂȘtres humains et Gehad Madi, Rapporteur spĂ©cial sur les droits de l’homme des migrants ;

Ashwini K.P., Rapporteure spĂ©ciale sur les formes contemporaines de racisme et de xĂ©nophobie; Mary Lawlor, Rapporteuse spĂ©ciale sur la situation des dĂ©fenseurs des droits de l’homme.

NOTE :

Les Rapporteurs spĂ©ciaux font partie des procĂ©dures spĂ©ciales du Conseil des droits de l’homme. Les procĂ©dures spĂ©ciales, le plus grand groupe d’experts indĂ©pendants du systĂšme des droits de l’homme des Nations unies, est le nom gĂ©nĂ©ral des mĂ©canismes indĂ©pendants d’enquĂȘte et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations nationales spĂ©cifiques, soit de questions thĂ©matiques dans toutes les parties du monde. Les experts des procĂ©dures spĂ©ciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indĂ©pendants de tout gouvernement ou organisation et travaillent Ă  titre individuel.

SOURCE Centre d'actualités de l'ONU

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